Point de vue d'un passionné de course à pied au travers de ces diverses sorties solo ainsi qu'au sein de son club.
Ne nions pas que le fait d'abandonner ne fait pas plaisir. On est déçu; mais vivre la déception est une choser, l'entretenir en est une autre. Le corps n'est pas infaillible et quand des signaux d'alerte sont là, il est préférable de les écouter.
Il importe alors d'être constructif et de savoir tirer les leçons de son renoncement. Pourquoi ai-je dû abandonner? Quelles erreurs ai-je commises? Comment corriger les "moins" de ma préparation et de ma course pour ne pas les reproduire. Ainsi à chaque course, bous construisez votre progression.
L'abandon par manque de "jus", de combativité peut apparaître comme plus difficile à gérer à postériori. Le risque: la spirale de l'abandon! Elle est rare mais elle existe. A cela deux raisons majeures. L'obstination d'abord; le coureur veut à tout prix atteindre son objectif (même si il est trop haut pour lui), il est dans le "trop": trop d'efforts, trop d'entraînement, trop de volonté. En fait il ne prend pas le temps de récupérer; les mêmes causes produissant les mêmes effets, il est à nouveau contraint d'abandonner.
Le mental enfin: il arrive que des coureurs vivent l'abandon comme un véritable échec, une blessure quasi narcissique. Certains se mettent à douter d'eux, ils n'ont plus confiance en leur capacité à tenir la distance, à s'accrocher. Aux moments difficiles, un peu comme un syndrome de répétition, ils vont éprouver les mêmes difficultés, revivre les mêmes (mauvaises) sensations et finissent par abandonner. Le plus intéressant dans ce cas, reste le processus mental dans lequel le coureur se met tout seul en situation d'échec. Comment?
En développant avant la course des scénarios d'abandon. Il a peur d'abandonner et se voit abandonner; les pensées menant à ce résultat...Le vrai problème dans ce cas, c'est qu'il arrive sur la ligne départ avec une peur d'abandonner plus forte que l'envie de réussir.
Cela dit, n'ayons pas peur de dire que la plupart des coureurs qui abandonnent sur une course arrivent souvent plus fort dans leur coprs et dans leur tête sur la suivante.
Le mental est essentiel car, contrairement à d'autres sports, il est seul face à la performance à accomplir, face à la distance et au chrono.
De même que l'on peut améliorer sa condition physique et sa technique, il est possible de travailler son mental, d'apprendre à mobiliser toutes ses ressources pour atteindre son objectif. Avec la prise de conscience de ses processus mentaux et quelques techniques bien maîtrisées, il est possible d'acquérir cette capacité à tenir la distance. Ce n'est pas toujours facile, mais quel plaisir, quel bonheur ensuite, quand on passe la ligne d'arrivée.