Point de vue d'un passionné de course à pied au travers de ces diverses sorties solo ainsi qu'au sein de son club.
Les plus belles victoires , dit-on, sont celles que l'on accomplit sur soi. Une évidence quand on atteint son objectif, mais lorsqu'on échoue...Et si l'abandon représentait d'abord une victoire sur son ego! A méditer...
Abandon! Capitulation, renoncement. Quel que soit le mot employe, il ne fait pas vibrer. L'acte d'abandon n'est pas chargé d'ondes positives. Dans une culture du sport où les valeurs de volonté, de dépassement de soit, voire de transcendance, sont valorisées, où il faut aller chercher au fond de soi le courage de continuer, la force de tenir, celui qui abandonne est parfois mal vu.
De ce fait, là ou des douleurs imposeraient de s'arrêter, le coureur continue. L'erreur est de confondre sa propre réalité de coureur avec son idéal.
Tous les coureurs ne sont pas soumis aux mêmes lois, mais qui sont-ils?
Tout d'abord, il y a ceux pour qui courir doit être un plaisir, ils acceptent volontiers d'avoir mal aux jambes au bout de 18 km sur un Semi mais si il faut courir avec la douleur lancinante d'une ampoule ou un mal au coeur tenace, pas question! Leur objectif est de courir avec de bonnes sensations et non pas de continuer, semi-agonisants, cherchant le meilleur endroit pour restituer leur petit déjeuner. Ils préfèrent s'arrêter, pas questions pour eux de se dégoûter d'une aussi belle épreuve.Ces coureurs là, c'est certain, sauront s'arrêter sur des douleurs anormales.
Mais il y a une autre catégorie de coureurs, ceux qui courent pour se dépasser, progresser, réaliser un temps même si pour cela ils doivent souffrir sur la distance. Dans cette catégorie, on distingue encore ceux qui sauront écouter les signaux d'alert de leur corps avant d'arrêter et ceux qui poussés par l'envie d'arriver minimiseront les conséquences prévisibles.